Archives mensuelles : février 2015

Passe-Passe – Dawid et Delphine Cuveele

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4ème de couverture : Prenez une fillette taquine, une grand-mère guillerette et un drôle de papillon. Lancez-les dans une aventure échevelée. Vous obtiendrez un cocktail tendre et rocambolesque qui apprivoise l’absence pour mener aux confins d’une magie où tout ce qui disparaît n’est jamais vraiment perdu. Un tour de Passe-Passe !

Critique : Et voilà une nouvelle BD lue dans le cadre du comité de lecture de mon réseau. Je l’avais ajoutée à la sélection sans vraiment prendre le temps de regarder à l’intérieur. Il me suffisait de savoir qu’elle traitait d’un sujet qu’il est souvent assez complexe d’aborder avec les enfants, sans compter qu’elle avait reçu de bonne critique et qu’elle faisait partie, si ma mémoire est bonne, de la sélection pour Angoulême.

Passe-passe, c’est l’histoire d’une petite fille, d’une grand-mère et d’un papillon. Nous avons cette petite fille, qui aime sa grand-mère et passe beaucoup de temps avec elle. Et nous avons cette grand-mère qui vieillit et qui petit à petit disparait. En perdant ses couleurs d’abord, puis en s’effaçant progressivement. Et enfin, ce petit papillon, qui les suit à chaque instant et qui, lorsque la grand-mère commence à s’effacer, se colore et devient de plus en plus présent. En fait, on peut aisément remarquer que lorsque les couleurs s’effacent une à une de la grand-mère, elles apparaissent en même temps, une à une, sur le papillon. Une façon comme une autre d’expliquer aux petits que nos proches ne sont pas éternels, qu’un jour où l’autre, ils disparaîtront, mais qu’en même temps, ils ne disparaîtront jamais complètement, ils seront toujours présents à nos côtés.

J’ai beaucoup aimé cette bande dessinée. Le fait qu’il n’y ait pas une seule ligne de texte met en avant le dessin. Parce que souvent, dans une bande dessinée, lorsqu’il y a du texte, on ne fait pas toujours assez attention au dessin. C’est pourtant tout l’intérêt d’une bande dessinée. Et c’est ici qu’il prend son importance. Il faut être attentif au dessin pour s’apercevoir vraiment des changements de couleurs, pour s’apercevoir de ce petit papillon qui, au départ est vraiment tout petit mais qui, pourtant, est bien présent dès la deuxième vignette (peut-être même dès la première, mais j’ai eu beau le chercher, je ne l’ai pas trouvé, il devait être vraiment trop petit encore). Et les illustrations, ici, sont vraiment magnifiques. Empreintes de douceur.

Une bande dessinée qu’on peut, donc, sans aucune crainte mettre en les mains de tous, petits ou grand. Une lecture qu’un adulte peut accompagner lorsque l’enfant est vraiment jeune, de façon à attirer son attention sur certains détails. Ou tout simplement pour discuter avec lui après, pour voir s’il a bien compris le message.

Note : 5/5

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Robin des bois – Boisserie et Héloret

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4ème de couverture : Robin Loxley, Petit-Jean et Will Scarlett sont tous les trois nés bâtards. A une époque où un tel poids du destin se fait lourdement sentir, ils vont chacun voir cette injustice grandir au plus profond de leur être. Ils vont devenir des outlaws, des hors-la-loi traqués par le shérif de Nottingham et Guy de Gisbourne jusqu’au coeur de la forêt de Sherwood qui leur servira de refuge. Ils vont y faire le rude apprentissage de la vie, organisant leur bande de yeomen pour survivre et résister, devenant ainsi le symbole de la lutte des Saxons contre leurs oppresseurs normands dans l’Angleterre du XIIe siècle…
Pierre Boisserie et Héloret revisitent la légende de Robin des Bois en s’attachant à la jeunesse et au parcours de trois de ses personnages emblématiques. En envisageant cet angle différent et original, ils livrent une version rythmée, moderne et attachante de cette célébrissime histoire.

Critique : Des versions de Robin des Bois, il en existe, je pense, un bon nombre de différentes. Pour ma part, je n’en connais pas beaucoup. J’ai acheté le livre qui est à l’origine de ce personnage, mais je n’ai pas eu le temps de le lire encore. En revanche, je connais Robin à travers un vieux dessin animé que je regardais quand j’étais enfant, à l’époque de M6 kid, et, plus récemment, à travers le film de Ridley Scott avec Russell Crowe. En passant par la version avec Kevin Costner et la série avec Jonas Armstrong. Et ces Robin se ressemblent, hormis celui de Ridley Scott qui est bien différent. (Finalement, j’en connais plus que je ne pensais !)

Ici, dans cette bande dessinée, j’ai l’impression de retrouver le vrai Robin, celui du dessin animé de mon enfance. Le Robin de Kevin Costner. Celui qui me semble être le vrai Robin. C’est une histoire, donc, que je connaissais déjà, dans les grandes lignes. Une histoire, donc, que j’ai pris plaisir à redécouvrir. Sans oublier que notre Robin est accompagné de ces acolytes que nous connaissons bien : Petit Jean, frère Tuck, Will Scarlett (même si ce dernier me parlait moins) et Lady Marianne bien sûr. Alors forcément, puisque dans ma tête, Robin des bois est déjà un héros, je ne pouvais pas ne pas l’apprécier ici aussi. Et puisque je détestais déjà le Sheriff de Nottingham et le prince Jean, cela n’a pas changé non plus.

Une bonne histoire donc. Bien illustrée, j’aime beaucoup le style du dessinateur. J’ai juste, une petite remarque cependant. Marianne me semble bien masculine, quand on regarde son visage. Mais peut-être être est-ce fait exprès. Hormis ce détail, je n’ai rien à redire. Ah si ! j’ai repéré quelques coquilles au niveau du texte (enfin, 2 seulement, mais de grosses coquilles qui valent d’être relevées), p.114 et 117. Je n’en dis pas plus. On va voir si vous les trouvez aussi !

Mais sinon, pour conclure, ça se lit bien, ça se lit vite, c’est bien dessiné, c’est une belle histoire… C’est une bonne BD.

Note : 4/5

Le chant du cygne, Déjà morts demain – Babouche, Dorison et Herzet

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4ème de couverture : Le lieutenant Katz et ses soldats ne sont pas des lâches. Combattants aguerris, ils ont souvent surgi de leur tranchée pour charger sous la mitraille. Mais aujourd’hui, ils en ont assez. L’incompétence criminelle de leurs officiers menace une fois de plus de les emmener au désastre. Ils décident de déserter. Pas pour fuir, pas pour se cacher. Ils se rendront ensemble à Paris pour déposer une pétition au parlement au nom de leurs frères de bataille.
Commence alors le plus beau et le plus désespéré des périples.

Critique : Des BD sur la guerre de 14, il y en a plein. Des que j’ai lues, un peu moins. Et des que j’ai lu et qui parlent des mutineries de 17, y’en a qu’une (pour l’instant). Et c’est celle-ci.

La côte 108, c’était un nom qui me disait déjà quelque chose. Je ne sais plus où j’en ai entendu parler. Peut-être durant mes cours à la fac d’histoire ? Ou dans un film ? J’ai une vague image d’un personnage parlant de cet épisode. Bref, ça me disait quelque chose. Les mutineries de 17, j’en ai également entendu parler. Et cette BD m’a rappelé ce moment de la guerre. Etant historienne, j’ai, forcément, tout de suite été attirée par le sujet de cette BD. Et cela m’a beaucoup plus. J’ai aimé fait connaissance avec ces soldats, qui vivent l’horreur des tranchées, les combats déjà perdus d’avance, mais qui tiennent bon. J’ai aimé voir leur évolution, à partir du moment où on leur met la pétition entre les mains. On comprend aisément comment, petit à petit, ils en arrivent à se rebeller, à devenir des mutins, qui a risquer d’être fusillés si on finissait par les attraper.

J’ai bien aimé le dessin, mais il m’a fallu un petit temps pour m’y habituer. Moi qui aime les dessins réalistes et clairs, ceux-ci me paraissaient un peu trop fouillis, pas assez nets. Cela m’a un petit peu gênée dans ma lecture, même si, finalement, au bout d’un moment, on s’habitue.

Je ne dirais pas de cette bande dessinée qu’elle m’a enthousiasmée au point que j’étais incapable de la lâcher, mais finalement, j’ai passé un bon moment à la lire.

Note : 3/5

Life before legend – Marie Lu

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4ème de couverture : Deux courtes nouvelles, une pour Day et l’autre pour June, qui parlent de deux épisodes de leur vie se passant avant les événements racontés dans Legend.

Critique : J’ai lu Legend il y a quelque temps (je ne remercierai d’ailleurs jamais assez Babelio et les éditions Castelmore pour m’avoir fait parvenir le premier tome lors d’une édition masse critique qui remonte à un an et demi je crois), et j’avais vraiment (mais alors vraiment !) accroché. Ca avait été pour moi un vrai coup de cœur. Et puis, un jour, une amie m’a dit « Hey ! Tu savais que Marie Lu avait écrit deux nouvelles qui se passent avant Legend ? ». Elle me donne le lien vers un livre qui n’existe qu’en version numérique, et (malheureusement) qu’en anglais. J’ai un peu hésité et puis finalement, je me suis lancée.

Quel plaisir de retrouver June et (surtout) Day, dans ces deux épisodes très courts (quelques pages seulement), qui se déroulent alors qu’ils n’ont que 12 ans. Day est seul, livré à lui-même dans le secteur de Lake. Il doit se débrouiller pour se nourrir. June vient d’obtenir la note maximale à l’examen et se prépare pour sa rentrée scolaire dans la prestigieuse Université de Drake. Ces deux nouvelles sont juste un petit supplément à l’histoire. Quelques petites précisions, des petites choses dont on se passerait très bien, mais qui sont sympa à lire, lorsqu’on est fan de la trilogie, comme moi.

Niveau écriture… ben c’est en anglais. Faut se plonger dedans, il y a certains mots, certaines choses que je n’ai pas totalement saisies mais j’ai compris l’histoire en général, c’est le principal. Et marie Lu écrit plutôt bien, d’après ce que j’ai pu en juger.

Un petit plus donc, que j’ai savouré et que je ne regrette pas d’avoir lu.

Note : 4/5

Les crocodiles – Thomas Mathieu

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4ème de couverture : Thomas Mathieu illustre des témoignages de femmes liés aux problématiques comme le harcèlement de rue, le machisme et le sexisme ordinaire. Son travail s’inscrit dans un mouvement plus large de prise de conscience et d’une nouvelle génération de féministes qui utilisent internet pour réfléchir et informer sur des concepts tels le « slut-shaming » ou le « privilège masculin ». Dans ses planches, les décors et les personnages féminins sont traités en noir et blanc de manière réaliste tandis que les hommes sont représentés sous la forme de crocodiles verts.
Le lecteur ou la lectrice est invité à épouser le point de vue de la femme qui témoigne et à questionner le comportement des crocodiles particulièrement quand ils endossent le rôle stéréotypé de dragueurs/prédateurs/dominants.

Critique : Il y a quelques mois déjà, j’ai entendu parler du Projet Crocodile et du message que ce blog cherchait à véhiculer. Ce jour-là, je suis restée des heures sur internet, à lire des témoignages, à chercher des informations sur ce sujet qui m’intéressait beaucoup et me révoltait en même temps. Récemment, en cherchant des bandes dessinées à intégrer à ma sélection pour le comité de lecture de mon réseau, je suis tombée sur celle-ci, Crocodile, en lien avec le blog que je connaissais déjà, je n’ai pas hésité à l’ajouter à la liste.

Et pourtant, je me suis posée la question de savoir si ça valait le coup. C’est vrai quoi, toute une BD sur le harcèlement de rue, est-ce que ce ne serait pas trop ? Est-ce qu’on n’en aurait pas marre à la fin ? Parce que finalement, c’est toujours le même sujet, et cette BD fait plus de 150 pages… Et bien non, ce n’était pas trop. Chaque histoire racontée est différente. Chaque histoire montre une nouvelle forme de harcèlement de rue. Et puis, ce sujet, finalement, on n’en parle jamais trop. On n’en parle pas assez, tout court.

Certaines personnes critiquent le fait que les hommes soient représentés par des crocodiles, tous les hommes, et pas uniquement les « prédateurs ». L’auteur s’en défend, il me semble, dans une des postfaces, à moins que quelqu’un d’autre ne le fasse à sa place… je ne sais plus. Moi, je sais que cela ne m’a pas perturbée plus que ça. C’est un parti pris, un choix qu’il a fait, pour nous faire passer son message. Personnellement, je n’ai rien de particulier à ajouter sur le style, si ce n’est que parler de cela, en BD, fallait le faire, ça ne devait pas être évident. J’ai beaucoup apprécié les postfaces, d’ailleurs. Les interventions d’autres personnes que l’auteur et qui apportent des informations complémentaires et des pistes si on veut creuser un peu plus sur le sujet.

Pour conclure, une BD engagée, qui traite d’un thème bien particulier, de faits qui sont réels mais méconnus de la société. Une BD qu’il est important de lire. Et sur laquelle il est important d’échanger aussi.

Note : 4/5

L’arabe du futur – Riad Sattouf

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4ème de couverture : Né d’un père syrien et d’une mère bretonne, Riad Sattouf grandit d’abord à Tripoli, en Libye, où son père vient d’être nommé professeur. Issu d’un milieu pauvre, féru de politique et obsédé par le panarabisme, Abdel-Razak Sattouf élève son fils Riad dans le culte des grands dictateurs arabes, symboles de modernité et de puissance virile. En 1984, la famille déménage en Syrie et rejoint le berceau des Sattouf, un petit village près de Homs.
Malmené par ses cousins (il est blond, cela n’aide pas…), le jeune Riad découvre la rudesse de la vie paysanne traditionnelle. Son père, lui, n’a qu’une idée en tête : que son fils Riad aille à l’école syrienne et devienne un Arabe moderne et éduqué, un Arabe du futur.

Critique : Fauve d’Or au Festival d’Angoulême 2015, cet ouvrage ne pouvait pas ne pas faire partie de ma sélection pour le comité de lecture BD du réseau. Je n’en avais jamais entendu parler, je n’avais même pas lu le résumé avant de l’ajouter à la liste. Inutile de vous dire que les mots « Fauve d’Or » m’ont suffi.

Et je me suis plongée dedans. L’auteur, Riad Sattouf, nous raconte ici sa propre histoire. Dans ce premier tome, il nous parle de son enfance, jusqu’à l’âge d’environ 6 ans. Fils d’une mère bretonne et d’un père Syrien, le petit garçon et ses parents ont beaucoup voyagé durant les premières années de sa vie. Ici, nous découvrons sa vie en Lybie, d’abord, puis en France, en Syrie ensuite. Plus qu’une bande dessinée biographique, nous apprenons beaucoup de choses sur le contexte de l’époque (1978-1984). En Libye, c’est le régime Kadhafi. En Syrie, c’est celui d’Al-Assad. Dans chacun de ces deux pays, nous découvrons, à travers les yeux de cet enfant encore très jeune, la vie, la politique, la religion. Nous voyons également l’évolution de son père, qui se prétend non-croyant, mais semble, au fur et à mesure, accorder de plus en plus d’importance aux préceptes qu’on lui a enseignés. J’avoue que parfois, je trouvais l’attitude du père un peu inquiétante.

Le dessin de Riad Sattouf est sobre, monochrome, avec cette particularité que chaque pays possède sa couleur (bleu pour la France, jaune pour la Libye et rose pour la Syrie). C’est un dessin simple, pas forcément très réaliste, mais qui, selon moi, colle bien avec le thème. C’est l’histoire d’un enfant, et le dessin reste, malgré tout, assez enfantin, à mon goût. J’avoue préférer les bulles bien dessinées, le dessin plus réaliste, mais le style de Sattouf ne m’a pas dérangée, au contraire. J’ai beaucoup apprécié également, ce parallèle qu’il faisait à l’intérieur de ses bulles entre le contexte (représenté dans le haut de la bulle) et sa vie à lui, l’évolution de son père, illustrée par les dialogues des personnages.

Pour conclure, une bande dessinée très agréable à lire et très instructive. J’attends de voir la suite, voir si mes inquiétudes concernant le père de ce petit garçon sont fondées ou non. Et voir, tout simplement, ce que le petit Riad va vivre par la suite.

Note : 4/5

Ca bouge sur le blog !

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Dans les bibliothèques, il arrive parfois que l’espace soit soudainement totalement repensé, réorganisé, réaménagé pour mieux coller aux attentes du public, ou tout simplement parce que ça fait du bien, un peu de changement.

Pour ce blog, c’est la même chose. Au fil du temps, de la publication d’articles, on se rend parfois compte que l’organisation choisie à la base n’est pas forcément la plus appropriée, la plus cohérente, ou encore celle qui parlera le mieux à nos visiteurs.

C’est pourquoi, il y a quelques temps, j’ai choisi de remanier totalement ce blog et le voici, sous son jour tout nouveau. Rassurez-vous, aucune page, aucun article n’a été supprimé (mais peut-être qu’en fait, vous vous en moquez !). Adieu donc aux catégories « Challenges de lecture » et « Comités de lecture ». Elles ne me paraissaient pas très pertinentes. D’autant que je ne me suis pas réinscrite au challenge ABC de Babelio cette année, par manque de temps, malheureusement. Mais je n’avais pas envie de les faire disparaître complètement, ces catégories. Qui sait, peut-être reprendrai-je le Challenge, plus tard. Je les ai donc rassemblées sous l’appellation « Activités de lecture ».

Vous trouverez dorénavant mes lectures classées par public : Adulte, Ados-Jeunes Adultes, et Jeunesse. Un nouveau classement qui, je l’avoue, colle beaucoup plus à l’organisation qu’on trouve dans les bibliothèques (déformation professionnelle ?). Quoiqu’il en soit, c’est comme ça, désormais, et je me suis dit que ça permettrait à mes visiteurs de s’y retrouver plus facilement, peut-être…

Vous remarquerez également, sans doute, que la catégorie « Coups de coeur » est restée fidèle à elle-même. Evidemment ? La lecture est faite de coups de coeur qu’on veut forcément partager à un moment ou à un autre, je ne pouvais donc décemment pas l’enlever.

Bien, il ne me reste plus qu’à vous souhaiter de continuer votre évasion par la lecture en ma compagnie. J’espère que ce blog vous permettra de découvrir de nouveaux titres ou de nouveaux auteurs. C’est son but après tout.