Jack Sparrow : manifeste pour une linguistique pirate – Laurent de Sutter

Laurent de Sutter - Jack Sparrow - Manifeste pour une linguistique pirate.

4ème de couverture : Jack Sparrow, dont le nom de moineau claque comme un drapeau dans le vent (celui d’un navire rempli de dangereux flibustiers), est à la fois le pire et le meilleur des pirates. Ses aventures fantasques et fantastiques nourrissent depuis zoo ; la franchise de blockbusters hollywoodiens Pirates des Caraïbes. Créé, d’après une attraction du parc Disneyland, par les scénaristes hollywoodiens Ted Elliott et Terry Rosso, spécialistes du cinéma d’aventures et d’animation, et interprété pour l’éternité avec une réjouissante et irrésistible facétie par l’acteur Johnny Depp, Sparrow affronte inlassablement des soldats, des boucaniers, des rivaux, des zombies, des krakens et d’autres créatures surnaturelles à la recherche de trésors prodigieux.
Entre deux gorgées de rhum (et deux ivresses), Sparrow parvient à ses fins en parlant, en négociant, en mentant et en trahissant. L’arme préférée du pirate n’est autre que la parole. Mais quels sont donc les ressorts retors de cette linguistique pirate ?

Critique : Avant de commencer à vous parler de ce livre, je souhaite remercier Babelio et l’éditeur « Les impressions nouvelles » pour m’avoir envoyé ce livre lors d’une précédente opération Masse Critique.

Maintenant, entrons dans le vif du sujet !

Si j’ai choisi ce livre au milieu de l’énorme liste proposée aux dernières masses critiques, c’est pour une raison bien précise : Jack Sparrow. Ceux qui me connaissent savent que je suis une fan de Pirates des Caraïbes, que je connais quasiment par cœur les 3 premiers films, et que j’adore Jack Sparrow. Pour le reste, « Manifeste pour une linguistique pirate », je ne savais pas trop à quoi m’attendre alors que je me suis dit « pourquoi pas, voyons ce que ça peut être ».
On peut dire que ce livre s’est fait attendre, et pour autant, je ne peux pas vraiment dire qu’il était à la hauteur de l’attente. Et j’en suis bien désolée.

J’ai retrouvé avec plaisir les personnages emblématiques de Pirates des Caraïbes, et j’ai apprécié retrouver certaines situations, certaines répliques, qui m’avaient tant fait sourire quand je regardais les films. L’auteur se donne le défi d’expliquer le langage de Jack et tout ce qui se cache derrière sa façon de s’exprimer. L’idée était intéressante, bien que je me demande si les dialogues étaient réfléchis autant que le laisse penser l’analyse faite par Mr de Sutter.

En revanche, je dois avouer que je n’ai pas compris grand-chose dans ce livre, peut-être seulement la moitié… et encore. La faute aux tournures de phrases un peu trop alambiquées, aux mots sophistiqués employés. L’auteur maîtrise son sujet et l’art de la langue, c’est certain. En revanche, moi, je n’ai pas un tel niveau, malheureusement. Et sincèrement, je trouve ça dommage. Parce que Jack Sparrow est un personnage assez populaire, et ce genre d’ouvrage pourrait intriguer, intéresser les fans. Mais il y aurait un grand travail à faire sur la vulgarisation. J’avais l’impression que Mr de Sutter s’adressait à des universitaires à même de comprendre sa façon de s’exprimer.

Alors bon, j’ai quand même compris deux trois trucs, quelques notions ici et là, mais finalement pas grand-chose par rapport à l’intégralité de l’ouvrage. Et c’est bien dommage, parce que le peu que j’en ai compris, j’ai trouvé ça intéressant et bien pensé.

Alors vous me direz, je suis quand même allée jusqu’au bout. D’une part parce que je me disais que je comprendrais peut-être mieux plus loin. Et d’autre part aussi parce que la construction de l’ouvrage fait que continuer malgré tout n’est pas non plus une corvée. D’abord, le livre n’est pas très long. Une centaine de pages seulement. Et puis chaque chapitre est découpé en plusieurs paragraphes, bien distincts les uns des autres, et assez courts, qui donnent l’impression que finalement, même si on ne comprend pas tout, les pages s’enchaînent assez facilement.

Donc bon, je n’ai certes pas tout compris, mais cette lecture n’a pas été non plus trop fastidieuse et à aucun moment je n’ai eu réellement envie d’abandonner.

Note : 2/5

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Max – Sarah Cohen-Scali

Sarah Cohen-Scali - Max.

 

4ème de couverture : « 19 avril 1936. Bientôt minuit. Je vais naître dans une minute exactement. Je vais voir le jour le 20 avril. Date anniversaire de notre Fürher. Je serai ainsi béni des dieux germaniques et l’on verra en moi le premier-né de la race suprême. La race aryenne. Celle qui désormais régnera en maître sur le monde. Je suis l’enfant du futur. Conçu sans amour. Sans Dieu. Sans loi. Sans rien d’autre que la force et la rage.
Je mordrai au lieu de téter. Je hurlerai au lieu de gazouiller. Je haïrai au lieu d’aimer. Heil Hitler ! »

Critique : Ca fait des années que j’ai envie de lire ce livre. Je crois bien qu’il m’a tapé dans l’œil dès sa sortie même. Déjà, la couverture était intrigante. Et puis, un roman pour adolescents qui parle des Lebensborn , quand on est passionnée d’histoire comme moi, ça intéresse forcément. D’autant que ce n’est pas vraiment un sujet qu’on a l’habitude de voir dans la littérature pour ados, dans la littérature pour adultes non plus d’ailleurs… enfin je crois pas. Et même, ce n’est pas forcément quelque chose dont on entend parler très souvent. Je me souviens qu’avant la fac et mes cours d’histoires sur le nazisme et la seconde guerre mondiale vue du côté des Allemands, je n’en avais jamais entendu parler. Et vous ? Ca vous dit quelque chose ?

Ce roman est intégralement raconté du point de vue de « Max », de son vrai nom Konrad, premier bébé à voir le jour dans ce nouveau programme destiné à créer des milliers de bébés de la race aryenne la plus pure. Rien que ça, déjà, c’est assez effarant, de se dire que les nazis étaient assez fous pour « forcer » des femmes, blondes aux yeux bleus, à coucher avec des soldats SS, blonds aux yeux bleus, pour faire des bébés, blonds aux yeux bleus, pour les offrir au Fürher (bon, je dis « forcer » mais pour certaines, c’était juste la meilleure chose à faire pour faire plaisir au Fürher, et puis être blond aux yeux bleus ne suffisait pas, la sélection était rude, très rude, tous les détails sont dans le bouquin).

Déjà, rien que le contexte de la naissance de Max, c’est assez horrible, mais imaginez un peu, tout le récit, de la première ligne à la dernière, nous est présenté comme si c’était Konrad lui-même qui nous parlait et nous racontait son histoire. Et il commence quelques minutes avant sa naissance. Et dès le début, nous sommes choqués par les pensées qui traversent son esprit. Dès le début, il respire le nazisme à plein nez. Tout ce qu’il fait, tout ce qu’il a l’intention de faire, c’est pour le Fürher, pour la gloire de l’Allemagne. Et les mots qu’il utilise, dans la bouche d’un nouveau-né, c’est assez choquant. Et si ça s’arrêtait là… Mais nous suivons Konrad jusqu’à ses 9, au travers de la guerre, de 1936, sa naissance, à 1945 et la capitulation allemande. Au milieu, nous le voyons évoluer, comme un parfait petit nazi, qui fait tout ce qu’il peut pour être aussi nazi que possible. Je n’entre pas dans les détails pour ne pas vous gâcher l’histoire si jamais vous avez envie de la lire.

Alors oui, c’est assez choquant d’entendre un enfant s’exprimer et agir de la sorte, mais ce roman est tellement plus que ça. A travers ce récit, nous découvrons jusqu’à quel point les enfants pouvaient être endoctrinés et leurs esprits malléables. Nous voyons la dureté du système dans lequel ils grandissent, nous découvrons toutes ses incohérences aussi, en même temps que Konrad qui, au fil du temps, évolue. Et tout ce qu’il vit, tout ce qu’il voit, entre en confrontation avec tout ce qu’on lui a mis dans le crâne.

Ce livre est une pépite, parce qu’il nous raconte l’Histoire sans se cacher, parce qu’il ne fait pas dans la dentelle, parce que Sarah Cohen-Scali nous montre des choses qui ont réellement existées. Ce livre est une pépite parce qu’on a beau détester Konrad et ce qu’il représente, on ne peut s’empêcher quand même de beaucoup l’apprécier, de ressentir de l’empathie pour lui, d’espérer que les choses se termineront bien.

Ce roman est une pépite, parce qu’il réussit à être la fois terrifiant et captivant. Et je ne peux que vous le recommander les amis !

Note : 4/5

Le prisonnier écossais – Diana Gabaldon

Diana Gabaldon - Outlander  : Le prisonnier écossais.

4ème de couverture : Lake District, Angleterre, 1760. Jamie Fraser vivrait une existence presque paisible depuis sa libération conditionnelle si le souvenir de Claire, sa femme disparue, ne venait le hanter chaque nuit… Londres, la même année. Lord John Grey se retrouve en possession de documents révélant une affaire de corruption au sein de l’armée britannique. Il n’a d’autre choix que de convoquer Jamie. Bientôt, les deux hommes arpentent les périlleuses routes d’Irlande sur les traces d’un officier à l’origine d’un vaste complot…

Critique : Après avoir refermé le dernier tome existant de la série Outlander, c’est tout naturellement que je me suis plongée dans les « Hors séries » qui l’accompagnent. Histoire de prolonger encore un peu mon immersion dans cet univers que j’aime tant et de retrouver ces personnages que j’affectionne particulièrement.

Le Prisonnier écossais reprend des événements qui se déroulent au milieu du tome 3. Rappelez-vous, Jaimie est prisonnier des anglais et se retrouve en semi-liberté (si on peut appeler ça comme ça) sur le domaine d’Helwater où il travaille comme palefrenier au service de lord Dunsany. Sa vie se déroule sans heurts, partagée entre ses tâches quotidiennes, le manque de Claire et son fils William (dont il n’est, officiellement pas le père). Durant le tome « d’Outlander, nous passons très brièvement sur cet épisode de la vie de Jaimie, parce qu’après tout, ce qui nous intéresse, c’est quand il retrouve Claire. Pour autant, cela ne veut pas dire qu’il ne s’est rien passé du tout. C’est ce que le prisonnier écossais cherche à nous raconter. Ce roman « hors série » s’attarde plus particulièrement sur une enquête, menée par John Grey, à laquelle Jaimie n’a d’autre choix que de contribuer.

C’est assez perturbant, de découvrir cette histoire. Elle est tellement différente de ce dont nous avons l’habitude dans Outlander. Habituellement, nous suivons Claire et Jaimie qui se fraient un chemin au travers de la Grande Histoire. Ici, la Grande Histoire n’est que très peu présente, ou alors de loin, en toile de fond. On aurait presque du mal à croire que ce roman-ci puisse être lié à la série, si ce n’est grâce aux personnages connus et à ce complot jacobite que Jaimie et Gey doivent déjouer. Ce roman se rapproche quelque peu du roman policier, sans pour autant que nous ayons besoin de réfléchir sur les éléments de l’enquête. En fait, Jaimie et Grey connaissent déjà l’identité de la personne qu’ils doivent arrêter et tout le roman tourne justement autour de leur mission d’arrestation.

Ici et là, viennent se greffer quelques éléments qui pourraient nous faire croire que le récit va devenir plus fantastique : la chasse fantastique (pendant un moment j’ai pensé que nous allions vraiment en parler, y assister, alors qu’en fait il s’agit plutôt d’un nom de code, ce qui m’a un petit peu déçue), la coupe du roi des druides (là encore, rien de bien folichon, cet objet que j’imaginais magique se révèle lui aussi assez décevant).

Alors certes, le récit est ponctué de quelques moments d’actions, on prend plaisir aussi à voir Jaimie sortir de la Grande Bretagne et voguer vers l’Irlande (parce que oui, toute une partie du récit se passe en Irlande). Mais l’intérêt principal de ce roman reste Jaimie en lui-même et l’intrigue, elle, ne m’a pas captivée plus que ça.

Peut-être que j’en attendais trop ? Peut-être qu’ayant adoré la série Outlander, je m’attendais à retrouver exactement le même esprit, le même « principe » ? Je ne dis pas que ce récit est sans intérêt, mais personnellement, j’ai trouvé qu’il ne m’apportait pas grand-chose et que la série Outlander s’en passe très bien.

Il me reste encore un autre hors série, composé de nouvelles cette fois, à lire. J’espère qu’il se révèlera plus intéressant que celui-ci.

Note : 3/5

Outlander, tome 8 partie 2 : A l’encre de mon coeur – Diana Gabaldon

Diana Gabaldon - Outlander Tome 8 : A l'encre de mon coeur - Partie 2.

4ème de couverture : 1778. Dans la foulée de la bataille de Monmouth, Claire et Jamie doivent déterminer leur prochaine destination. Resteront-ils à Philadelphie, où Fergus, le fils adoptif de Jamie, possède toujours son imprimerie, ou se hasarderont-ils à revenir à Fraser’s Ridge, en Caroline ? Jamie souhaite en outre se réconcilier avec William, qui ne veut rien savoir de son père biologique et qui a choisi la cause loyaliste.
Brianna tentera elle aussi de retisser la toile familiale en partant à la recherche de son mari, Roger, qui a regagné le passé. L’amour et la famille triompheront-ils dans cette quête entre l’Amérique révolutionnaire et l’Ecosse ?

Critique : Oh mon Dieu, j’ai fini Outlander ! Enfin… j’ai fini pour l’instant ! Parce que oui, les aventures de Claire et Jaimie Fraser ne sont pas encore terminées. Diana Gabaldon est d’ailleurs en train de nous écrire un tome 9 ! Et ce n’est pas plus mal quand on voit le suspens sur lequel se terminer ce tome 8.2 !

Bref, une fois encore nous suivons avec joie les aventures de chacun de ces personnages que nous avons appris à apprécier avec le temps. La guerre d’indépendance n’est pas encore terminée, mais il semblerait que cette fois, Claire et Jaimie restent éloignés des combats. Mais ils ne sont pas pour autant à l’écart d’une nouvelle catastrophe. Parce que bon, il faut dire que le destin ne les a pas laissés tranquilles jusqu’à présent alors pourquoi le ferait-il maintenant ? De leur côté, Brianna et Roger tentent toujours de rassembler leur famille. Je ne veux pas trop dévoiler de l’histoire pour les personnes qui n’en seraient pas encore arrivées là alors je n’en dis pas plus.

Sachez cependant que ce tome-ci se lit aussi bien et aussi rapidement que le précédent. L’intrigue est plus intéressante, moins longue. Il se passe davantage de choses. Et une fois encore, ma préférence va à l’histoire de Brianna et Roger qui amène un nouveau souffle à l’univers d’Outlander.

Niveau écriture, chaque tome se suit et se ressemble. A la différence cependant que celui-ci n’est pas découpé en plusieurs parties, comme les tomes précédents (ce qui m’a fait craindre à un moment qu’on ne reste sur Claire et Jaimie tout du long sans avoir la possibilité d’en savoir plus sur Brianna et Roger).

Il n’empêche que, quand bien même j’adore cet univers et ces personnages, je ne suis pas peu soulagée d’être enfin parvenue au bout. C’est que je suis quand même sur cette série depuis plus d’un an, ça commence à faire long ! Et je savoure l’idée de pouvoir enfin lire autre chose sans culpabiliser de « lâcher » Claire et Jaimie quelques temps. Bon alors certes je ne leur dis pas totalement adieu, d’une part parce que je me précipiterai sur le tome 9 lorsqu’il sera sorti et d’autre part parce que quitte à être dans l’univers, autant en profiter pour lire maintenant les deux romans « hors série » qui y sont liés. Et c’est ce que je vais faire d’ailleurs, pas plus tard que maintenant.

En attendant les amis, c’est un univers que je vous recommande. Pas seulement parce que l’intrigue est intéressante, mais aussi parce que historiquement parlant, cette histoire est très riche et qu’on apprend pas mal de choses, à la fois sur l’Ecosse et sur la construction des Etats-Unis. Et pour ceux qui n’auraient pas le courage de se lancer dans cette lecture (ce que je peux comprendre, cela dit ce n’est pas parce que moi j’ai mis du temps à la lire que ce sera le cas de tout le monde), rappelez-vous qu’elle est adaptée en série ! D’ailleurs, pour vous donner envie, je vous mets la bande annonce juste là :

Note : 5/5

Les petites reines – Clémentine Beauvais

Clémentine Beauvais - Les petites reines.

4ème de couverture : À cause de leur physique ingrat, Mireille, Astrid et Hakima ont gagné le « concours de boudins » de leur collège de Bourg-en-Bresse. Les trois découvrent alors que leurs destins s’entrecroisent en une date et un lieu précis : Paris, l’Élysée, le 14 juillet. L’été des « trois Boudins » est donc tout tracé : destination la fameuse garden-party de l’Élysée !!! Et tant qu’à monter à Paris, autant le faire à vélo – comme vendeuses ambulantes de boudin, tiens ! Ce qu’elles n’avaient pas prévu, c’est que leur périple attire l’attention des médias… jusqu’à ce qu’elles deviennent célèbres !!! Entre galères, disputes, rigolades et remises en question, les trois filles dévalent les routes de France, dévorent ses fromages, s’invitent dans ses châteaux et ses bals au fil de leur odyssée. En vie, vraiment.

Critique : Il y a deux semaines, je suis allée voir l’adaptation théâtrale du roman de Clémentine Beauvais, Les petites reines (adaptation réalisée par la compagnie Soy Création, je vous laisse découvrir la bande annonce ici). Et qu’on se le dise, j’ai ADORÉ ! C’était vivant, léger, joyeux, sans prise de tête et avec un joli message en même temps, c’était drôle, émouvant. En bref, c’était juste trop bien.

Du coup, ça m’a donné envie de lire le roman. Parce que oui, j’en avais entendu parler depuis longtemps mais je n’avais pas encore mis le nez dedans. Il faut dire que Clémentine Beauvais, je l’avais découverte avec Songe à la douceur. J’avais adoré son style d’écriture, mais j’étais restée un peu sur la réserve niveau histoire. Mais là, en ressortant de la salle après avoir vu la pièce, je ne pouvais pas faire autrement que de me plonger dans le roman aussi vite que possible. Ce que j’ai fait donc.

Et bien m’en a pris, parce que c’est vraiment chouette. Alors certes, mon avis sur le roman est totalement biaisé vu que j’avais découvert la pièce avant, mais c’est le cas pour chaque roman qu’on lit, non ? Le contexte dans lequel on le découvre influe sur notre façon de l’apprécier ou non. En tout cas, c’est comme ça que je ressens les choses. Et du coup, j’ai d’autant plus adoré ce roman que j’avais l’impression de revoir la pièce dans ma tête.

En fait, l’adaptation est d’autant plus réussi qu’elle reprend très bien le roman, même si quelques scènes ont été éludées, jusque dans les dialogues qui semblent parfois être au mot près comme dans le roman et ça c’est génial. Pourquoi génial ? Parce que Clémentine Beauvais, avec son style bien à elle, nous amène ce qu’il faut de fraîcheur, de candeur et d’humour dans ces personnages atypiques que les autres n’épargnent pas. Elle nous sort quelques réparties franchement marrantes, des dialogues bien pensés, des jeux de mots, des expressions. Son écriture recèle de petites perles qu’on a plaisir à découvrir et qui nous amènent très souvent le sourire. Et toutes ces petites perles font que nos trois boudins et Kader sont des personnages si remarquables, si attachants. Qu’on se le dise, Clémentine Beauvais possède un vrai talent. Je l’avais déjà remarqué dans Songe à la douceur où elle nous écrit toute l’histoire en vers, maniant avec adresse les mots, jouant avec le suspens. Les petites reines sont une preuve supplémentaire de ce talent.

Et au-delà de l’écriture, il y a l’histoire. Du début à la fin, Mireille est notre narratrice et nous raconte son histoire à la première personne. Dès les premières pages, nous nous rendons compte à quel point cette jeune fille est spéciale. Loin de se laisser démonter par son élection au titre de Boudin de bronze de l’année (après avoir été Boudin d’or les deux années précédentes), elle prend les choses avec philosophie et est capable de faire preuve d’un humour décapant. Avec elle, nous avons Astrid, fan inconditionnelle du groupe Indochine, et Hakima, jeune fille de 12 d’une timidité maladive. Et puis il y a Kader, alias le soleil, ancien soldat ayant perdu ses jambes dans une opération militaire et dont Mireille tombe amoureuse au premier regard. Chacun de ces personnages est unique, possède son caractère, son trait d’humour et son lot de complexité. Chacun est vrai, il n’y a pas d’exagération et chacun évolue au fur et à mesure du voyage et des rencontres. Nous avons face à nous de vraies personnes, des ados avec des questionnements et des soucis de leur âge, et Kader face à ses propres interrogations. Et ces personnages ont été très bien interprétés par les comédiens de la troupe, nous avions l’impression de les avoir en chair et en os devant nos yeux.

Mais cette histoire, ce n’est pas que des personnages, c’est aussi tout un message. Ces trois jeunes filles qui ont été désignées boudins de l’année ne sont pas que ça et elles nous le prouvent. Elles nous montrent que la beauté, d’une part c’est une question de point de vue (certains se donnent le droit d’estimer ce qui est beau ou non mais tout le monde n’est pas forcément d’accord avec ça) et d’autre part que ce n’est pas le plus important. Nos trois Boudins sont tellement plus qu’une enveloppe corporelle. Cette histoire nous montre aussi que dans la vie, on peut choisir de se laisser abattre par les critiques, ou alors on peut les laisser passer au-dessus de nos têtes et continuer à être ce qu’on est.

Bon bref, le mieux, c’est que vous le lisiez pour voir vraiment ce que vaut ce roman.

Note : 4/5

Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire, tome 13 : La fin – Lemony Snicket

Lemony Snicket - Les désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire Tome 13 : La fin.

4ème de couverture : Cher lecteur, tu viens sans doute de prendre ce livre et tu l’entames par la fin, ou plutôt par ce petit texte à la fin, à la seule fin d’y détecter le fin mot de l’histoire ou cherchant peut-être à savoir si La Fin est vraiment la fin, autrement dit la fin de la série qui commençait par Tout Commence Mal.
Sans pour autant être une fin de série, ce livre est en effet le dernier tome des désastreuses aventures des orphelins Baudelaire, et je ne saurais trop t’en déconseiller la lecture, même si tu as trouvé le courage d’ingurgiter les douze tomes précédents. Du début à la fin, La Fin n’est qu’une série d’abominations, dont une tempête du style fin du monde, un breuvage à donner le tournis et du poisson cru en bouillie, sans parler de moutons sauvages, d’une cage à oiseaux rococo et de perturbants mystères au sujet des parents Baudelaire.
Je m’étais fait un devoir de relater par le menu l’histoire de ces orphelins et ma mission touche à sa fin. De ton côté, libre lecteur, tu as sans doute d’autres missions et si j’étais toi je m’abstiendrais de lire La Fin, de crainte que cette fin ne m’achève.
Avec mes sentiments respectueux, Lemony Snicket.

Critique : ATTENTION, SPOILERS !

Bon ben… voilà, je viens de terminer le dernier tome des aventures des orphelins Baudelaire. Et si, tout au long de ma lecture des tomes précédents, j’étais assez enthousiaste, celui-ci me laisse un arrière goût amer. Je vous explique pourquoi.

Tout d’abord parce que ce dernier tome, dont on nous annonce clairement qu’il s’agit de la fin de l’histoire, semble être une nouvelle mésaventure dont on ne sait pas trop si elle se terminera bien ou non. Encore une fois, les enfants se retrouvent dans un endroit qui ne nous apparait pas comme franchement sûr pour eux, en compagnie du comte Olaf et d’autres personnes dont on ne sait pas trop dans quel camp ils se trouvent. Et c’est assez perturbant, parce que jusqu’à la toute fin, on ne sait pas si les choses vont bien se finir ou pas. Quand à la fin d’ailleurs… elle ne m’apparaît pas comme une vraie fin. Je veux dire, elle est tellement ouverte qu’on ne sait même pas ce que ces pauvres orphelins Baudelaire vont devenir. On peut sans peine les imaginer voguant vers une nouvelle mésaventure. Pour ma part, le point final de cette histoire n’est finalement que des points de suspension et j’aurais volontiers apprécié un autre tome après celui-ci, qui aurait apporté une vraie conclusion.

D’autant qu’il me reste encore tout un tas de questions en suspens ! Qu’est-il arrivé aux enfants Beauxdraps ? Les Baudelaire les retrouveront-ils ? Et ce sucrier dont on rabat les oreilles depuis plusieurs tomes, c’est quoi ? Qu’est-ce qu’il contient ? Pourquoi Lemony Snicket nous dit que les mésaventures des orphelins ont commencées par le vol de ce sucrier ? Et les parents des orphelins, pourquoi sont-ils morts ? Parce qu’il est clair que l’incendie de leur maison n’était pas accidentel, du moins c’est ce qu’on nous amène à croire tout au long de l’histoire. Et pourquoi le comte Olaf semble, dans les dernières pages, ne pas être celui qu’on a toujours cru qu’il était ? Qui était-il avant ? Et VDC, qu’est-ce que c’est réellement ? Parce que moi, j’ai toujours pas trop compris. Et…

Et je pourrai continuer comme ça encore un moment. Du coup, un livre qui s’annonce être la fin d’une histoire et qui nous laisse avec pleins de questions non résolues, pour moi ce n’est pas une vraie fin et je trouve ça un peu décevant. Parce que du coup, je me dis « tout ça pour ça ? ».

Bon, au-delà de ces considérations sur le contenu de cette fin, l’écriture et la narration, elles, sont égales à elles-mêmes. Et tout ce qu’on appréciait chez Lemony Snicket et dans sa façon de raconter cette histoire se retrouve également dans ce tome-ci, pour notre plus grand plaisir.

Mais bon, vous l’aurez compris, ce dernier tome n’est pas vraiment à la hauteur (du moins, à mon avis).

Note : 3/5

Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire, tome 12 : le pénultième péril – Lemony Snicket

Lemony Snicket - Les désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire Tome 12 : Le pénultième péril.

4ème de couverture : Cher lecteur, Tu viens sans doute de prendre ici le premier livre qui t’est tombé sous la main, mais le lire serait la dernière des choses à faire, et je serais le dernier des derniers si je ne te mettais en garde avec la dernière énergie. Un hôtel à perdre le nord, des reflets douteux, des personnages douteux, des gérants douteux : ce livre à semer le doute est bien le dernier, si j’étais toi, que j’aurais envie de lire. Avant-dernier tome de la saga Baudelaire – autrement dit, pénultième -, il est pire encore que tous ceux qui l’ont précédé. La première des choses à faire est donc de le remettre où tu l’as pris. Avec mes sentiments respectueux, Lemony Snicket.

Critique : Je referme ce tome 12 à l’instant. Le Pénultième Péril qu’il s’appelle, l’avant dernière mésaventure des orphelins Baudelaire. Au moins, les choses sont claires, on approche de la fin à grands pas. Pour autant, on a du mal à la voir se profiler tout au long de ce tome.

Les orphelins se retrouvent cette fois dans un hôtel, l’hôtel Dénouement, dont le nom est particulièrement bien trouvé, je trouve, parce qu’au tome 12, on est en droit d’espérer voir le début du dénouement de toute cette histoire. Bon en fait de dénouement, on en est encore assez loin, même si, pendant quelques pages, on le sent particulièrement proche. Parce que tous les mystères, toutes les questions qui ont germé dans notre esprit au fil de la lecture de toutes ces mésaventures ne sont pas encore résolues. Pas totalement du moins. On en apprend encore un peu plus sur VDC mais sans pour autant connaître le fin de mot de cette histoire. De même pour le sucrier, qu’en est-il ? Pourquoi est-il si important ?

Ici, les orphelins Baudelaire sont plongés dans un endroit particulièrement dangereux. L’hôtel qui est censé être le dernier havre sûr des VDC est rempli de malfrats. La clique du comte Olaf est là, bien entendu, mais pas que. Violette, Klaus et Prunille vont tomber sur différents personnages qu’ils ont croisés tout au long de leurs aventures, de la juge Abbott rencontrée dans le tome 1 aux trois « monstres » découverts dans le tome 9, en passant par le directeur de la scierie Fleurbon-Laubaine du tome 4, le proviseur adjoint Nero du tome 5, Hal (l’archiviste de la clinique Heimlich) du tome 8 et bien d’autres encore. Parmi ces différents personnages, certains vont se révéler être du côté des Baudelaire, d’autres non, et d’autres encore naviguent d’un côté ou de l’autre sans qu’on sache vraiment où ils se situent.

En attendant, les enfants vont, une fois encore, se retrouver dans une situation fortement périlleuse, de laquelle on craint pendant un instant qu’ils ne s’en sortiront pas tout en se doutant qu’ils y arriveront (c’est un roman jeunesse et il y a un dernier tome en plus !). Et la fin de cette mésaventure prend une tournure tout à fait inattendue, laissant les orphelins dans une situation dans laquelle on n’aurait jamais pu les imaginer.

Nous voilà donc, pauvres lecteurs, abandonnés sur un suspens insoutenable en attendant de pouvoir lire le dernier tome des désastreuses aventures de orphelins Baudelaire.

Note : 4/5