Retour sur le SLPJ 2018

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Chers amis, vous ai-je déjà parlé du salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil (aussi connu sous le nom SLPJ) ? Oui, bien sûr, je me souviens de vous en avoir fait un assez long résumé l’année dernière… Rassurez-vous, je ne vous en ferai pas un aussi long cette année. Et pourtant, je vais vous en parler quand même !

Rappelez-vous, l’année dernière, j’y avais passé deux jours et en étais revenue avec la conclusion que ce n’était pas suffisant. Il y a tant de choses à voir et à faire ! Tenez, rien que le tour des stands prend à lui seul toute une journée, si on se donne le temps de tout regarder avec l’envie de découvrir de nouvelles choses intéressantes pour la bibliothèque. Et puis, il y a les conférences, et vu le programme qu’il y a, on aurait plus d’une fois envie de se dédoubler ! Et c’est sans compter les dédicaces bien sûr !

C’est donc tout naturellement que j’y suis allée sur 4 jours entiers : deux dans un objectif plus professionnel (découvrir des nouveautés, des éditeurs et assister à tout un tas de conférences) et deux… pour le plaisir !

Comme l’année dernière, ce salon est tout simplement gigantesque ! Imaginez des allées immenses, avec des stands plus ou moins grand entièrement rempli de livres ! Et tout ça sur 3 étages (bon, 2 en fait, le niveau -1 étant dédié à l’exposition). Un vrai paradis ! Cela dit, ce serait encore mieux avec moins de monde. J’ai cru lire que le SLPJ avait accueilli près de 180 000 personnes cette année, sur 6 jours. Je ne suis pas une grande fan de la foule, et le lieu n’est pas forcément très approprié à recevoir une telle quantité de personnes. Les allées ne sont pas si larges que cela et pour peu que les gens commencent à faire la queue pour une dédicace et voilà les allées encombrées et certains stand presque inaccessibles (parce que les stands en question n’ont pas forcément prévu un afflux de personnes pour les dédicaces de certains grands noms de la littérature jeunesse, pourtant après plusieurs années de salon, ils devraient savoir à quoi s’attendre, non ?).

  

 

Cela dit, contrairement à l’année dernière, je suis très contente de moi sur ma façon d’appréhender ces dédicaces. Alors peut-être tout simplement que n’ayant pas Benjamin Lacombe dans ma liste des personnes à voir, c’était plus facile ? (Il était sur le salon, mais ayant déjà eu une dédicace de lui l’année dernière, j’ai décidé de passer mon tour pour cette fois). Quoiqu’il en soit, j’en ressors avec pas moins de 10 dédicaces et au grand maximum une petite heure de queue.

Mais trêve de bavardage, je me doute bien que ce sont les dédicaces qui vous intéressent le plus. Je vous laisse donc les admirer. (Mais je vais quand même vous parler un peu de chaque livre parce que je ne les ai pas choisis au hasard !).

 

Mes achats de cette année

 

Morgane de Cadier et Florian Pigé - Chut !.

Ma première dédicace n’était pas préméditée. Je passais devant le stand de la maison d’édition Hongfei, qui est une édition que je suis particulièrement de près parce qu’elle propose des albums de qualité. Et donc, en passant devant ce stand, qui vois-je ? Morgane de Cadier, l’illustratrice de Chut !, qui est un album que j’avais découvert au SLPJ de l’année dernière et que j’avais beaucoup apprécié. Il n’y avait pas de queue du tout alors… voilà une première dédicace qui atterrit dans mon sac à dos !

 

 

Christine Naumann-Villemin et Marianne Barcilon - Au temps de la préhistoire.La deuxième dédicace était, elle, fortement attendue. J’avais repéré les heures de présence des autrices bien avant qu’elles n’arrivent, le livre était bien au chaud dans mon sac à dos, près à sortir et j’ai commencé à tourner autour du stand de kaléidoscope une demi-heure avant que ces dames n’arrivent. De qui je parle ? De Marianne Barcilon et Christine Naumann-Villemin, respectivement illustratrice et autrice de ce super album « Au temps de la préhistoire » (donc je vous ai déjà parlé ici). Deux autrices que j’affectionne particulièrement parce que leurs albums sont à la fois si drôles et si beaux (j’adore le coup de crayon de Marianne Barcilon). Et comme les deux autrices étaient côté à côte, je ne me suis pas privée pour avoir une double dédicace que je vous laisse admirer.

Dédicace de Marianne Barcilon

 

Dédicace de Christine Naumann-Villemin

 

Rébecca Dautremer - Les riches heures de Jacominus Gainsborough.Après ces deux-là, je file au stand de Sarbacane pour la dédicace de Rebecca Dautremer. Et je crois bien que c’est là que j’ai attendu le plus longtemps. C’est aussi là que j’ai vu la plus longue file et fort heureusement pour moi, étant arrivée une heure avant le début, j’étais dans les premières ! Rebecca Dautremer, c’est une sacrée artiste. Je ne sais pas si vous avez déjà feuilleté un de ses livres mais je vous le recommande. Ses illustrations fourmillent de petits détails et chaque planche a dû lui demander des heures de travail. C’est tout simplement magnifique. Au-delà des illustrations, les histories elles-mêmes de ses albums sont tout simplement sublimes. Je ne vous citerai entre autres que le Yéti et le Bois dormait (qui est une reprise très poétique à mon goût de la Belle au bois dormant). Mais là, j’étais là pour son nouvel album à la couverture tellement trop craquante : Les riches heures de Jacominus Gainsborough.

 

Antonin Louchard - Les bottes.Après Rebecca Dautremer, je décide de tenter ma chance auprès d’Antonin Louchard. Et coup de chance, il n’y a pas trop de queue ! Antonin louchard, c’est un auteur illustrateur que j’ai découvert récemment et donc chacun des albums que j’ai eus entre les mains s’est révélé être de la rigolade à l’état pur. Faire un choix entre tous ses albums a été très difficile, mais j’ai finalement opté pour Les bottes, dont je vous ai déjà parlé (ici).

 

 

 

 Bulledop - Mon bullet avec Bulledop - Avec une planche de stickers.Ma dédicace en main, je file à travers les allées pour la dédicace de Bulledop que j’ai tout simplement hâte de rencontrer. Bulledop, ça n’est pas une autrice comme les autres. Bulledop, c’est avant tout une booktubeuse et aussi une référence en matière de bullet journal. Je la « connais » parce que je suis ses vidéos sur youtube. C’est elle qui m’a donné envie de me lancer de le bujo. Sa vidéo présentant le concept m’a séduite et aujourd’hui c’est un formidable outil que j’utilise avec plaisir. Cette rencontre avec elle fut probablement la meilleure de tout ce SLPJ. Je m’explique : quand je rencontre un auteur, j’aurais envie de lui poser mille questions, mais je ne sais jamais pas où commencer et sur le moment, rien ne me vient, alors je me contente de le regarder faire. Et souvent, les auteurs, de leurs côtés, ne parlent pas beaucoup non plus si on ne lance pas une conversation en premier. Avec Bulledop, c’est elle qui commence ! Et l’échange se met en place tout naturellement ! J’attendais cette rencontre avec impatience et j’ai beaucoup apprécié de moment.

 

Gilles Bachelet - Mon chat le plus bête du monde.Ma sixième dédicace, c’est un maître de la littérature jeunesse qui me l’a faite. Que dis-je ? Un incontournable même. Je parle bien sûr de Gilles Bachelet. Je l’ai découvert avec son formidable « Mon chat le plus bête du monde » et depuis j’achète quasiment tous ses nouveaux albums pour la bibliothèque. Ses illustrations sont toujours foisonnantes de détails et pleins de références à ce point que c’est presque un jeu de toutes les chercher ! Il possède cette touche de fantaisie et d’humour, cette loufoquerie géniale qui lui permet de faire un album entier à partir de gants de vaisselle ! (Une histoire d’amour, que je vous recommande). C’est tout simplement un artiste inimitable !

 

Philippe Jalbert - Mort au loup !.Juste à côté de Gilles Bachelet se trouvait un autre auteur/illustrateur donc je ne connaissais qu’un seul album, que j’avais par ailleurs beaucoup apprécié : Philippe Jalbert. Il m’a « offert » ma septième dédicace et la deuxième non préméditée. Mais il n’y avait aucune queue alors… je me suis laissée tenter. Son album, Mort au loup, est tout simplement un énième détournement du conte des Trois petits cochons. Mais si tous les détournements ne sont pas toujours heureux, celui de Philippe Jalbert est très réussi et nous offre une chute très drôle !

 

 

Geoffroy de Pennart - La princesse, le dragon, et le chevalier intrépide.Huitième dédicace et non des moindres, vous le connaissez peut-être, je vous parle de Geoffroy de Pennart. Lui, je suis quasiment sûre que vous en avez déjà entendu parler (du moins ceux d’entre vous qui s’intéressent à la littérature jeunesse). Cet auteur/illustrateur est, lui aussi, un auteur incontournable lorsqu’on parle d’albums. Il a réalisé nombre de détournements de contes, nous présentant notamment un loup absolument pas méchant et très drôle. Mais il a aussi réalisé un album que j’ai toujours apprécié : La princesse, le dragon et le chevalier intrépide qui est un régal de lecture, tant pour le texte que pour les illustrations.

 

Delphine Perret - Une super histoire de cow-boy.La dédicace suivante fut pour l’un de mes coups de cœur de cette année, je vous en ai parlé très récemment ici : Delphine Perret et sa super histoire de cow-boy. Je vous ai déjà pas mal parlé de cet album alors je vous laisserai simplement admirer la dédicace. (Elle m’a dessiné un cow-boy féroce !)

 

 

 

 

 

Antoine Guilloppé - Pleine neige.Et me voilà à la dernière dédicace, la dixième, faite par un autre grand nom de la littérature jeunesse, j’ai nommé Antoine Guilloppé. Voilà un auteur dont j’ai toujours admiré les albums depuis que je le connais. Au-delà de ses illustrations magnifiques, tout en sobriété, poésie, douceur, il nous offre des albums en papier découpé (je crois que c’est le nom qu’on donne à cette technique, mais moi je trouve que ça ressemble davantage à de la dentelle), une technique qui sublime ses illustrations. Je vous conseille vivement d’en feuilleter quelques uns et de vous laisser séduire par tant de beauté. Pour ma part, même s’il fut difficile de choisir l’album que je voulais lui faire dédicacer, j’ai opté pour Pleine Neige.

 

 

Et voilà pour ce SLPJ 2018, vivement l’année prochaine ! En bonus, deux « stars » de la littérature jeunesse que j’ai croisées au gré de mes déambulations.

  

 

 

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Les bottes – Antonin Louchard

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Antonin Louchard - Les bottes.

4ème de couverture : C’est la récré. Petit Lapin aimerait bien sortir avec ses copains mais il n’arrive pas à enfiler ses bottes. La maîtresse s’approche pour l’aider et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle n’est pas au bout de ses peines… Cette fois, Antonin Louchard s’attaque au grand classique de l’habillement : ou comment enfiler ses chaussures à un élève de maternelle. Dans ce combat perdu d’avance, parents, enfants, maîtres et maîtresses ne manqueront pas de se reconnaître.

Critique : Hi hi hi ! Que voilà un livre hilarant !

Antonin Louchard, c’est une valeur sûre de l’album jeunesse. Que ce soit une histoire avec son fameux petit lapin ou Super Cagoule (ou Je suis un lion, pour ne citer que ceux-là), à chaque fois on est sûr qu’on va bien rigoler. Parce que ses histoires, à Mr Louchard, elles plaisent aux enfants, mais elles font aussi beaucoup rire les adultes !

Ici, Mr Louchard nous met face à une scène que les enseignants de maternelle ont probablement déjà vécu plus d’une fois. Notre petit lapin est à l’école, c’est l’heure de la récré et il pleut. Et qu’est-ce qu’on fait quand il pleut ? Ben on met ses bottes. Et quand on n’y arrive pas tout seul ? Ben on demande à la maîtresse ! Jusque là, tout va bien. Sauf que les choses ne sont pas aussi simples que ça et cet enfilage de bottes va se révéler épique et mettre à l’épreuve les nerfs de la gentille maîtresse ! Je ne vous en dévoile pas plus, je préfère vous laisser le plaisir de découvrir cela par vous-mêmes. Sachez cependant que la chute est un vrai délice !

Les illustrations qui accompagnent et complètent le texte sont à la hauteur de l’histoire. Si on ne nous montre que le lapin et pas la maîtresse, celui-ci est très expressif et on n’a aucun mal à reconnaître en lui les enfants de notre entourage. Et puis, ce petit lapin, en plus d’avoir une bouille adorable, il a aussi une tête rigolote et ça s’ajoute à l’humour du texte pour notre plus grand plaisir.

Un super moment de lecture, un coup de cœur. Un conseil, ne passez pas à côté !

Note : 5/5

Une super histoire de cow-boy – Delphine Perret

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Delphine Perret - Une super histoire de cow-boy.

4ème de couverture : Ainsi commence cette super histoire de cow-boy : page de gauche, le texte raconte les frasques d’un cow-boy pas très commode, qui mange des bébés lapins, dit des gros mots et cambriole des banques. Page de droite, Delphine Perret corrige, donnant ainsi vie à un singe qui se brosse les dents et fait des séances d’aérobics. Un rapport texte-image absolument hilarant pour ce petit livre détonant, qui tourne en dérision le politiquement correct.
Les deux histoires qui se font face donnent lieu à des situations complètement absurdes et jubilatoires.

Critique : Chers amis, aujourd’hui j’ai envie de vous dire quelques mots sur un album jeunesse qui est, à mes yeux, une très jolie pépite. Voici donc…. (Roulement de tambour)… Une super histoire de cow-boy !

Pourquoi ce livre est-il une pépite ? Attendez un peu que je vous explique. Bon, c’est difficile à faire sans que vous puissiez le feuilleter, aussi je vous invite à y jeter un œil si l’occasion se présente (je l’ai à la maison, à bon entendeur…) En attendant que vous mettiez la main dessus, faisons un peu appel à votre imagination.

Imaginez, donc, un livre, avec sur la page de gauche quelques lignes qui vous parle d’un cow-boy. Pour vous aider, je vais vous retranscrire les premières lignes de cet album : « C’est l’histoire d’un cow-boy ». Sur la page de droite, vous avez l’illustration qui accompagne le texte. Je vous laisse quelques secondes pour visualiser votre cow-boy………………………………………………………………………………
Sur la page de droite, donc, nous découvrons le dessin qui illustre ces quelques lignes, à savoir : un petit singe tout mignon (même pas déguisé en cow-boy) en train de manger une banane. Et là, vous vous dites « euh, c’est quoi ce truc » ? L’explication arrive tout de suite, sous le petit singe : « Je l’ai remplacé par un singe parce qu’on m’a dit qu’un cow-boy ça faisait trop peur avec ses dents cariées et son air mauvais. Et son pistolet a été remplacé par une banane parce qu’un pistolet c’est trop dangereux. (Bon, comme je suis sympa, je vous mets ces deux pages en photo pour que vous visualisiez mieux).

Et voilà, c’est ça tout au long de l’histoire ! Sur la page de gauche, on nous raconte l’histoire d’un cow-boy méchant qui dévalise une banque et qui se bat avec le shérif, et sur la page de droite, nous voyons notre petit singe qui vit sa vie de petit singe très gentil et tout mignon. Et vous pouvez me faire confiance, l’association des deux, le décalage énorme entre le texte et l’histoire, c’est ce qui fait toute l’originalité et tout le comique de cet album.

Ajoutez à cela l’idée que l’auteur, à travers son livre, semble nous présenter une critique de la littérature jeunesse actuelle bien pensante (c’est mon avis personnel à la lecture de ce livre, je ne sais pas si c’est délibéré ou pas*) qui prône le politiquement correct. Et, de la même manière qu’il a été décidé que Lucky Luke devait arrêter de fumer parce qu’il ne faut pas inciter les enfants à faire de même, Delphine Perret choisit de nous montrer un petit singe qui mâche un chewing-gum parce qu’ « on n’a pas le droit de montrer des gens qui fument ». De même le shérif est remplacé par une autruche parce que sinon cette histoire manquerait de filles.

Et cette deuxième lecture de l’album ajoute davantage à son côté pépite. Alors bien évidemment, les enfants ne la comprendront pas, cette critique, mais c’est ça qui en fait aussi un album que les adultes peuvent apprécier.

Donc ben voilà, un super album à faire découvrir à vos enfants (j’espère lui avoir rendu justice) !

*à la lecture du résumé proposé par Decitre, il semblerait que ce soit effectivement le cas)

Note : 5/5

La fille d’avril – Annelise Heurtier

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Annelise Heurtier - La fille d'avril.

4ème de couverture : Comme pour la plupart des jeunes filles dans les années 1960, l’avenir de Catherine est tout tracé : se marier, avoir des enfants, puis… s’en occuper le plus clair de son temps. Un jour, elle est contrainte de rentrer du collège en courant. C’est une révélation : quel sentiment de force, de liberté ! Mais courir, surtout pour une femme, est une chose alors impensable. Pourtant Catherine s’interroge, rêve d’une vie différente, s’entête…
Jusqu’où sa détermination la mènera-t-elle ?

Critique : Tout d’abord, je tiens à remercier Babelio ainsi que Casterman pour l’envoi de ce livre dans le cadre d’une édition Masse Critique.

La fille d’avril, je l’avais repéré à sa sortie, quand Babelio nous en avait parlé dans sa newsletter du moment. A la lecture de la 4ème de couverture, je me suis dit « oui, pourquoi pas » et je l’ai ajouté à ma liste des livres à acheter pour la médiathèque. Je m’imaginais l’histoire d’une fille qui brave la société pour vivre sa passion pour la course à pieds, ça me semblait intéressant. Peut-être pas transcendant mais je ne doutais pas que certains mes lecteurs apprécieraient beaucoup. Et puis le livre est apparu dansa la sélection Masse Critique et je me suis dit qu’après tout, c’était l’occasion de le lire, pour pouvoir mieux le conseiller à mes lecteurs.

Et je l’ai donc lu… et il s’est révélé être une bonne surprise, pas un coup de cœur mais pas loin !

En fait, ce que dévoile la 4ème de couverture n’est finalement qu’une toute petite partie du roman, comme un prétexte pour aborder un sujet plus vaste et nettement plus intéressant. Et c’est presque dommage que l’éditeur ait choisi de présenter ce livre sous cet angle. A cause de cela, j’ai failli passer totalement à côté.

Annelise Heurtier nous plonge directement dans la France de 1966. Nous découvrons donc une société qu’on a du mal à imaginer aujourd’hui. Nous voilà dans une France, à une époque où se pose la question de la mixité dans les écoles et où on nous dit que c’est impossible : les filles étant moins intelligentes que les garçons, comment pourraient-elles suivre le même enseignement ? ( !?) Une société dans laquelle les filles n’ont pas le droit de courir (ou alors pas plus de 10 minutes d’affilées) parce qu’elles pourraient se voir pousser une barbe ou même perdre leurs organes reproducteurs (bah oui, avec les secousses de la course, l’utérus pourrait tomber !) (………………) Un monde dans lequel une jeune fille, au premier jour de ses premières règles, se dit qu’elle va mourir parce qu’elle ne comprend pas ce qui lui arrive et dont la mère se contente de lui donner un livret pour expliquer tout ça parce qu’on ne parle pas de ces choses-là (de toute façon, les règles, c’est mal, impur, c’est la punition transmise par Eve suite au péché originel, tout le monde le sait) (non mais… sérieusement ?). Un monde dans lequel, de toute façon, une femme ne peut pas exister en tant que femme, seulement en temps que fille de son père, sœur de son frère, femme de son époux. Vous voyez le topo ?

Et nous voilà donc avec Catherine, 15 ans, qui évolue dans ce monde et qui s’y conforme, même si elle trouve cela injuste. Et pour autant, elle brave tout de même certaines règles, en cachette (elle aime tellement la course à pieds qu’elle s’autorise à courir sans que personne ne la voie, mais pas plus de 10 minutes à la fois et tout en surveillant l’apparition de poils qui ne devraient pas être là). Mais nous sommes à l’aube de mai 68, et la contestation commence à se faire entendre, même si la place des femmes dans la société n’est pas forcément au cœur des débats. Catherine se pose donc énormément de questions, se demande si elle doit oser et casser les convenances, tout en se sentant mal à l’aise vis-à-vis de sa famille et de l’éducation qu’elle a reçue.

Et c’est ça, à mon sens, qui fait tout l’intérêt de ce roman (même si je doute d’avoir réussi à le restituer correctement avec ces quelques mots). J’ai aimé cette photographie de la société française à cet instant T.

Alors oui, au début, je me suis demandé si tout cela n’était pas exagéré, si Annelise Heurtier n’avait pas un peu grossi le trait. Et puis je me suis rappelé certaines anecdotes que ma mère m’avait raconté sur sa jeunesse (elle avait 20 ans en 1966) et certaines faisaient écho à ce que je lisais.

Une pépite donc que ce roman que je suis ravie d’avoir eu l’occasion de lire.

Note : 4/5

Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire, tome 10 : la pente glissante – Lemony Snicket

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Lemony Snicket - Les désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire Tome 10 : La pente glissante.

4ème de couverture : Cher lecteur, Hormis les patinoires et les pistes de ski, les choses glissantes sont rarement très plaisantes. Dans le présent volume, les enfants Baudelaire, hélas pour eux, se retrouvent en terrain très glissant. Bien d’autres horreurs les guettent encore : moucherons féroces et cavernes mal famées, sans parler d’une vraie débâcle, ni de l’apparition d’un revenant qui n’est même pas un fantôme. De mon côté, j’ai tout sacrifié pour enquêter sur les désastres en cascade qui sont le lot de ces orphelins. Mais rien ne t’oblige, ô lecteur, à me suivre sur cette pente, et tu serais bien avisé de laisser ce livre navrant te glisser des mains séance tenante. Avec mes sentiments respectueux.

Critique : Et voilà, ça y est, j’ai dépassé la série ! Ce qui veut dire qu’à partir de maintenant, je ne connaitrai pas à l’avance les prochaines mésaventures des orphelins Baudelaire, ni leur issue (même si je me doute qu’ils s’en sortent toujours, sinon il n’y aurait pas de suite !).

Et je commence par cette aventure-là, la Pente Glissante. Je ne dirai pas que c’est le meilleur tome de la série, néanmoins, il m’a beaucoup plu (mais peut-être est-ce son côté inédit qui l’a rendu plus intéressant ?). Ici, pour la première fois depuis le début de la série, les orphelins sont séparés pendant une très grande partie du livre, entre Prunille qui est aux mains d’Olaf et sa bande et Violette et Klaus que nous avons laissé à bord d’une roulotte sur le point de basculer dans un ravin. Nous avons donc désormais une alternance entre ce que vivent les deux aînés et ce vit Prunille de son côté.

Ici également, nous retrouvons un personnage que nous ne pensions jamais plus revoir ! (Mais je ne vous dirai pas lequel, pour essayer de maintenant un peu de surprise). Et ces retrouvailles donnent une nouvelle tournure à l’histoire.

Ici aussi, nous en apprenons encore un peu plus sur VDC, et même si nous ne savons toujours pas parfaitement de quoi il s’agit, nous commençons à entrevoir des explications. Pour autant, le mystère demeure, nous donnant envie de poursuivre pour enfin comprendre le fin mot de l’histoire.

Je viens de penser que maintenant, et en fait c’est le cas depuis l’épisode précédent, il n’y a plus d’histoire de Comte Olaf déguisé qui trompe tout le monde sauf les enfants. Les enfants ne sont plus entourés d’adultes aveugles qui ne comprennent rien du tout à ce qui se trame sous leur nez. La série commence à sortir des sentiers battus, nous propose des aventures qui se ressemblent moins, ce qui les rend plus imprévisibles. L’histoire évolue, les personnages aussi (Prunille n’est plus un bébé !).

Encore une fois la narration de Lemony Snicket vient pimenter un peu tout ça, toujours avec cynisme et cette façon, que j’adore particulièrement, de nous expliquer certaines expressions, certains mots, en fonction de l’histoire. Quant à Lemony Snicket en lui-même, plus il en dévoile dans ses petits appartés, plus on comprend que, d’une manière ou d’une autre, il doit être lié aux Baudelaire et à leurs mésaventures. Reste à comprendre comment !

La suite au prochain épisode !

Note : 5/5

Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire, tome 9 : La fête féroce – Lemony Snicket

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Lemony Snicket - Les désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire Tome 9 : La fête féroce.

4ème de couverture : Cher lecteur, L’honnêteté m’interdit de te recommander ce livre : l’épisode qu’il relate est non seulement féroce mais terriblement filandreux. S’il t’est déjà arrivé de mastiquer une bouchée de viande encore et encore et encore sans parvenir à l’avaler, tu comprendras aisément ce que tu risques. Le plus sage, à mon avis, serait donc de t’abstenir d’une lecture aussi indigeste. Hélas pour moi, j’ai voué ma vie à mon enquête sur les malheurs des orphelins Baudelaire. Mais rien ne t’oblige à me suivre dans cette voie et je ne saurais trop te conseiller de lire plutôt des histoires de gentils herbivores. Avec mes sentiments respectueux, Lemony Snicket.

Critique : Une nouvelle mésaventure des orphelins Baudelaire se termine.

Cette fois, c’est dans une fête foraine qu’ils ont atterri. Souvenez-vous, nous les avions laissés suite à l’incendie de la clinique Heimlich, alors qu’ils venaient de se cacher dans le coffre de la voiture du comte Olaf, idée relativement hasardeuse, si vous voulez mon avis. Parce que du coup, eux qui cherchent par tous les moyens à lui échapper se retrouvent au plus près de lui. Mais nos orphelins ne sont pas idiots et vont nous prouver qu’ils sont aussi doués dans l’art du déguisement que le comte Olaf lui-même. D’ailleurs, si vous voulez mon avis, tout ce petit monde est beaucoup trop doué pour se déguiser et ne pas être reconnu. D’ailleurs, il me vient à l’idée que les orphelins ont quand même beaucoup plus de jugeote que le comte Olaf puisqu’eux le reconnaissent systématiquement alors que lui ne se doute absolument pas de qui se trouve sous son nez.

Bref, l’un des éléments qui rendent ce tome-ci différent des autres, c’est que cette fois, le comte Olaf est là dès le début de l’histoire. Et cette fois, ce n’est pas lui qui cherche à mettre la main dessus. Enfin, certes, il a toujours dans l’idée de les trouver pour obtenir leur héritage, mais comme il ne sait pas qu’ils sont juste là, à portée de main, le danger, bien que toujours présent, se fait ressentir différemment. Autre « nouveauté » (je la mets entre guillemets parce qu’après coup, je me suis rendue compte qu’en fait c’était plus une nouveauté du tome précédent), un des sbires d’Olaf reste sur le carreau. Et ça, on n’y est pas habitués. On pourrait se réjouir du fait que son équipe de malfaiteurs se réduise, mais en fait elle augmente de l’autre côté. Et puis, cette fois, les orphelins ont un allié adulte de leur côté et ça, ça fait longtemps que ça ne leur était pas arrivé.

Encore une fois, le mystère VDC est toujours bien présent. Et comme d’habitude, on n’apprend sur ces initiales que très peu de choses ce qui fait que notre curiosité n’est toujours pas rassasiée.

Comme d’habitude, la plume de Lemony Snicket est « parfaite ». Cynique à souhait.

En bref, une série dont je ne me lasse pas !

Note : 5/5

Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire, tome 8 : panique à la clinique – Lemony Snicket

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Lemony Snicket - Les désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire Tome 8 : Panique à la clinique.

4ème de couverture : Cher lecteur, Je te conseillerais bien de jeter ce livre. Mais, auparavant, tu aimerais peut-être savoir pourquoi. La raison en est qu’il relate le pire épisode à ce jour de la vie des orphelins Baudelaire – leur bref passage dans une clinique véreuse -, ce qui en fait l’ouvrage le plus sinistre jamais publié depuis l’invention de l’imprimerie. C’est bien simple, dans ce volume, tout est détestable d’un bout à l’autre. Pareille lecture n’a rien d’une partie de plaisir. Moi qui ai fait le serment de narrer ce récit sans omettre un seul détail sordide, je suis bien placé pour savoir qu’il ne mérite que la corbeille à papiers, où tu l’as sans doute pêché. Avec mes sentiments respectueux.

Critique : Les aventures des orphelins Baudelaire se poursuivent et voilà qu’après avoir échappé de justesse au comte Olaf dans le village de VDC, ils trouvent refuge dans un hôpital. Un drôle d’hôpital d’ailleurs, avec des services étranges. Un hôpital-archives même, puisqu’il semble conserver des archives sur absolument tous les sujets, et pas seulement ceux du domaine médical.

Encore une fois, nos orphelins vont devoir faire preuve d’adaptation et d’imagination pour échapper au comte Olaf et à ses sbires, mais pas seulement. Désormais pointés du doigt par le journal du coin, le petit pointilleux, comme étant des assassins, ils se retrouvent à devoir cacher leur identité à tous ceux qu’ils croisent. Et comme si tout cela ne suffisait pas, ils continuent à enquêter sur VDC, ces trois lettres qui semblent les poursuivre et qui, rappelons-le, ont été identifiés par les Beauxdraps comme étant un élément important lié à leurs mésaventures.

Ce tome-ci reste donc dans la lignée des précédents, mais chaque tome me semble désormais plus intéressant que les premiers parce que depuis l’apparition de VDC, chacun nous apporte son lot de révélation. Et c’est une grosse révélation que nous offre ce tome 8, attention !

J’ai également noté quelque chose de nouveau dans ce tome-ci par rapport aux précédents : c’est la première fois qu’on ne voit pas le comte Olaf. Je veux dire, il est là, bien sûr, mais les seules traces de sa présence sont sa voix qui sort d’un interphone de façon régulière. En dehors de ça, nous avons seulement affaire à ses acolytes. Ils sont tous là d’ailleurs, Esmé, les dames poudrées, le chauve, l’homme au crochet, l’homme montagne, aucun ne manque à l’appel.

Vous l’aurez compris, les mésaventures des orphelins baudelaire sont toujours aussi passionnantes et ne sont pas encore terminées, après tout, on ne sait toujours pas ce qu’est VDC !

Note : 4/5